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Trois jours au mouillage, une belle crique, personne autour. Et puis cette petite voix qui gâche tout : combien reste-t-il d'eau dans le réservoir ? Faut-il rentrer au port juste pour remplir, ou peut-on encore tenir un jour ou deux ?
C'est exactement ce que résout le dessalinisateur, aussi appelé watermaker. Le principe d'un dessalinisateur d'eau de mer pour bateau est simple : transformer l'eau de mer en eau douce, grâce à une membrane qui retient le sel. Reste à savoir comment il fonctionne, quelle capacité choisir, quelle énergie prévoir et comment l'entretenir. On vous explique tout, simplement.
Un dessalinisateur de bateau produit de l'eau douce à partir de l'eau de mer. Il remplit les réservoirs du bord. Surtout, il vous donne de l'autonomie. Vous ne dépendez plus des robinets du port, et vous ne regardez plus la jauge pour décider quand repartir.
Il existe deux grandes façons de dessaler l'eau de mer. Le bouilleur qui chauffe l'eau, récupère la vapeur et la condense. C'est un principe ancien, et très gourmand en énergie. L'osmose inverse, elle, fait passer l'eau sous pression à travers une membrane. C'est cette seconde technique qui s'est imposée en plaisance, parce qu'elle donne des appareils plus compacts, plus simples à installer et beaucoup moins énergivores.
Pas besoin d'être ingénieur. Imaginez un récipient coupé en deux par une membrane très fine. D'un côté de l'eau douce, de l'autre de l'eau salée. Cette membrane est semi-perméable : ses pores laissent passer les molécules d'eau, mais retiennent le sel et une bonne partie des autres particules.
Si on ne fait rien, l'eau cherche l'équilibre. Les molécules d'eau passent du côté le moins salé vers le côté le plus salé. Ce mouvement naturel s'appelle l'osmose. Ennuyeux pour nous : il va dans le mauvais sens. Il dilue l'eau salée au lieu de nous donner de l'eau douce.
Pour inverser ce mouvement, il faut forcer. On applique donc une forte pression sur l'eau de mer. Au-delà d'un certain seuil, appelé pression osmotique, les molécules d'eau traversent la membrane dans l'autre sens. Elles arrivent du côté de l'eau douce. C'est ça, l'osmose inverse : un phénomène naturel qu'on fait marcher à l'envers.
Plus l'eau est salée, plus il faut pousser fort. L'eau de mer contient environ 35 grammes de sel par litre. Ce chiffre varie un peu selon les mers et les océans. Tout le travail du dessalinisateur consiste à fournir cette pression, sans faiblir.
Une première pompe, dite pompe de gavage, aspire l'eau de mer et l'envoie vers les filtres. L'eau passe d'abord par une crépine, qui retient les gros déchets, puis par des préfiltres à cartouche. La pompe haute pression prend alors le relais et pousse cette eau propre vers une ou plusieurs membranes, à une pression située en général entre 50 et 70 bars. Voici le parcours complet :
LE CIRCUIT D'UN DESSALINISATEUR À OSMOSE INVERSE
1
Eau de mer
2
Crépine
3
Pompe de gavage
4
Préfiltres
5
Pompe haute pression
50 à 70 bars
6
Membrane
À LA SORTIE DE LA MEMBRANE, L'EAU SE SÉPARE EN DEUX
Eau douce, environ 10 %
Contrôle de la salinité, puis envoi vers vos réservoirs
Saumure, environ 90 %
Rejetée à la mer, ce qui évite l'encrassement de la membrane
Une partie des molécules d'eau traverse la membrane : c'est votre eau douce. Le reste, beaucoup plus concentré en sel, repart à la mer sous le nom de saumure. Un dernier élément mérite d'être connu, car il rassure : sur la plupart des appareils, une sonde mesure la salinité de l'eau produite avant de l'envoyer dans vos réservoirs. Tant que la qualité n'est pas bonne, en début de cycle par exemple, l'eau est automatiquement écartée.
On pourrait trouver dommage de ne pas tout garder. Mais il faut bien évacuer le sel arrêté par la membrane. Sinon la concentration monte, la membrane s'encrasse, puis elle se bouche. Un dessalinisateur fait donc toujours circuler beaucoup plus d'eau qu'il n'en produit. L'ordre de grandeur surprend souvent : on récupère environ 10 % de l'eau aspirée, le reste repart à la mer. C'est normal.
C'est elle qui pousse l'eau de mer à travers la membrane. Une vanne règle la pression du circuit. Sur certains modèles, plusieurs membranes travaillent ensemble. Plus il y en a, plus la production augmente, dans la limite prévue par le fabricant. Il existe par ailleurs deux familles d'appareils. Les modèles classiques entraînent la pompe haute pression avec un moteur électrique. Les modèles à récupération d'énergie réutilisent la pression de la saumure sortante pour comprimer l'eau entrante, ce qui réduit nettement la consommation électrique.
BON À SAVOIR
Un dessalinisateur ne transforme pas toute l'eau aspirée en eau douce, et ce n'est pas un défaut. Le rejet de saumure est ce qui empêche la membrane de s'encrasser. Si votre appareil produit peu par rapport à ce qu'il aspire, c'est le fonctionnement normal, pas une panne.
Il n'y a pas de capacité idéale pour tout le monde. Le bon modèle est celui qui colle à votre bateau et à votre façon de naviguer. Quatre questions suffisent : quelle quantité d'eau, combien de personnes à bord, quelle énergie, et quelle place pour l'installer ?
Les dessalinisateurs se classent par capacité de production, en litres par heure. Méfiez-vous du réflexe « plus c'est gros, mieux c'est ». Un modèle de 200 L/h convient à un grand bateau avec du monde à bord. Pour un couple sur une petite unité, il est démesuré. Vous paierez plus cher, pour un appareil plus encombrant et plus gourmand, sans rien y gagner.
Plus vous êtes nombreux, plus les besoins montent : boisson, cuisine, vaisselle, douches. Un repère utile : environ 30 L/h suffisent souvent à un petit équipage. À plusieurs, ou si vous voulez du confort sans compter, visez plus haut.
Le vrai sujet reste votre façon de vivre à bord. Un couple économe n'a pas les mêmes besoins qu'une famille qui tient à sa douche du soir. Le bon réflexe est donc de raisonner par jour, et non par heure. Posez la question autrement : combien d'eau devons-nous produire chaque jour ? Si vous consommez 200 litres par jour, un modèle de 50 L/h les produit en quatre heures environ. Reste à vérifier que ces quatre heures sont possibles côté électricité.
C'est souvent ce critère qui décide. Un dessalinisateur consomme de l'énergie, surtout pour sa pompe haute pression. Le choix dépend donc de votre installation électrique. On trouve des appareils en 12 V, 24 V ou 230 V. Si vous vivez sur vos batteries, regardez d'abord la consommation. Avec un groupe électrogène, vous avez plus de choix.
Prenons un exemple. Vous voulez produire 300 litres, mais vous ne pouvez faire tourner la machine qu'une heure par jour. Un modèle de 100 L/h n'y arrivera jamais, même excellent. Capacité de production, temps de marche possible et énergie disponible doivent aller ensemble.
Sur un bateau, chaque centimètre compte. Avant de choisir un modèle, vérifiez plusieurs points :
Sur un petit bateau, un appareil compact est souvent le bon choix, même s'il produit moins. Le meilleur dessalinisateur n'est pas le plus puissant du catalogue. C'est celui qui convient vraiment à votre bateau et à votre usage.
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DécouvrirBON À SAVOIR
La bonne méthode de calcul tient en trois temps. Estimez d'abord votre consommation quotidienne réelle. Divisez-la ensuite par la capacité horaire du modèle envisagé, ce qui vous donne le temps de fonctionnement nécessaire. Vérifiez enfin que votre production électrique couvre ce temps de marche. Si l'un des trois ne suit pas, changez de modèle.
Un dessalinisateur a besoin de cinq choses :
Chaque élément compte. Une installation approximative se paie vite : pannes, usure prématurée, performances en baisse.
Suivez toujours les indications du fabricant. Au moindre doute, faites appel à un professionnel. Sur un appareil aussi technique, une pose bien faite est un investissement direct dans sa fiabilité. Vos passe-coques et éléments de plomberie méritent la même attention, car ils travaillent sous la ligne de flottaison.
Contrairement à une idée répandue, un dessalinisateur n'a pas besoin de tourner en permanence. En revanche, quelques règles simples protègent sa membrane, et c'est elle qui coûte cher à remplacer.
Avant d'arriver à la membrane, l'eau de mer traverse plusieurs filtres. La crépine arrête les plus gros déchets. Les filtres à cartouche retiennent les particules fines. Surveillez-les et changez-les dès qu'ils sont sales. Dans une eau chargée, ils s'encrassent très vite.
C'est le point le plus important de l'entretien. Ne faites jamais tourner votre dessalinisateur dans une eau où flottent des traces d'huile ou de gasoil, comme dans un bassin portuaire. Une aspiration d'hydrocarbures peut détruire la membrane pour de bon. Attendez d'avoir retrouvé une eau propre avant de lancer la production.
Le fouling, c'est le développement de micro-organismes et de dépôts sur la membrane. Il apparaît quand l'eau de mer y stagne trop longtemps. C'est le même phénomène que sur une coque laissée à l'eau sans protection : la vie s'installe. La bonne pratique dépend donc de la durée de l'arrêt.
BON À SAVOIR
La règle à retenir tient en une phrase : avant d'arrêter votre dessalinisateur, demandez-vous combien de temps il va rester à l'arrêt. C'est cette durée, et elle seule, qui détermine s'il faut ne rien faire, rincer à l'eau douce ou passer au produit de conservation.
Attention, ce n'est pas le même produit, et la confusion est fréquente. Le dessalinisateur d'urgence est un dessalinisateur manuel, portable et compact. Il tient dans un sac, à côté de la balise et des fusées. Ce petit dessalinisateur portable produit très peu, et on l'actionne à la main. Personne n'imagine s'en servir pour la vaisselle.
Sa raison d'être est ailleurs : produire de quoi survivre dans un radeau, là où aucune énergie n'est disponible. Les deux équipements sont donc complémentaires. L'un fait votre confort au quotidien, l'autre reste dans le sac de survie en espérant n'en jamais sortir.
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DécouvrirPartez de votre consommation quotidienne, pas de la fiche technique. Divisez ce besoin par la capacité horaire du modèle. Vous obtenez le nombre d'heures de marche nécessaires. Si ce temps dépasse ce que permet votre électricité, prenez une capacité supérieure. Environ 30 L/h suffisent souvent à un petit équipage.
Oui, c'est même à cela qu'il sert. La membrane retient le sel et une grande partie des particules : vous produisez de l'eau potable à partir de l'eau de mer. Deux conditions tout de même. Ne produisez jamais dans une eau souillée, surtout par des hydrocarbures. Et souvenez-vous que l'eau se dégrade ensuite dans les réservoirs et les tuyaux du bord, qui demandent leur propre entretien.
Non. Un usage régulier est confortable, mais ce n'est pas obligatoire. Ce qui compte, c'est de bien gérer les arrêts. En dessous de trois jours, sur un appareil utilisé souvent, rien à faire. Au-delà, rincez à l'eau douce. Pour plusieurs semaines, passez au produit de conservation.
C'est fortement déconseillé. L'eau d'un bassin portuaire contient souvent des traces d'hydrocarbures, et une seule aspiration peut abîmer définitivement la membrane. Attendez d'être au large, dans une eau claire, pour lancer la production.
Oui, c'est même le montage le plus courant en plaisance, avec le 24 V et le 230 V. Un dessalinisateur bateau 12 V se branche sur le circuit de servitude, sans convertisseur ni groupe. Vérifiez surtout sa consommation. Comparez-la à votre capacité de batteries et à votre production solaire. C'est ce calcul, plus que la tension, qui désigne le bon modèle.
Quatre éléments font le prix : la capacité de production, la récupération d'énergie, les options comme le rinçage automatique, et le niveau d'intégration de l'appareil. Un petit modèle pour un équipage réduit n'a pas le même budget qu'une grosse installation. Le plus simple est de regarder les tarifs à jour sur notre rayon dessalinisateur. Un vendeur conseil vérifiera ensuite que le modèle convient à votre bateau.
Le dessalinisateur de bord est un équipement de confort. Il est électrique, installé à demeure, et il remplit vos réservoirs. Le dessalinisateur d'urgence est manuel, de petite capacité, et il reste dans le sac de survie. Deux besoins différents : l'un ne remplace pas l'autre.
Le dessalinisateur fonctionne par osmose inverse. Une pompe met l'eau de mer sous haute pression et la force à traverser une membrane semi-perméable. Le sel et les impuretés repartent avec la saumure. Pour choisir le bon modèle, tenez compte de cinq éléments :
Ajoutez un entretien régulier de la préfiltration et une bonne gestion des arrêts : votre membrane durera longtemps. Un dessalinisateur bien dimensionné et bien installé vous apporte surtout la liberté que vous cherchiez. Rester au mouillage parce que l'endroit vous plaît, plutôt que rentrer au port parce que le réservoir est vide. En cas d'hésitation, les équipes USHIP vous aident à dimensionner votre installation.
Réservoirs et jerricans d'eau douce
DécouvrirNotre équipe vous montre en images comment fonctionne l'osmose inverse et ce qu'il faut vérifier avant de choisir votre appareil.
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Pour le reste du circuit, réservoirs, groupe d'eau, chauffe-eau et plomberie, consultez notre article « Gestion de l'eau à bord : confort et sécurité de votre installation »
Retrouvez tous nos conseils eau à bord sur le blog USHIP.