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Un enfant qui découvre la mer, c'est une passion qui se transmet. Encore faut-il que la première sortie lui laisse un bon souvenir, et pas celui d'une journée trop longue à s'ennuyer sous la pluie.
La navigation en famille demande donc quelques précautions, en croisière côtière comme en transat. Tout se joue sur deux fronts : la sécurité et l'ennui. Le paradoxe, c'est que le risque augmente souvent avec l'expérience. Un enfant habitué au bateau prend de l'assurance, et c'est là que les mauvaises habitudes s'installent : le gilet oublié, la main qui ne se tient plus. Voici comment préparer votre sortie en bateau avec des enfants, les équiper et les occuper.
Anticipez la météo et la route. La météo compte pour la sécurité, bien sûr, mais aussi pour l'ambiance à bord. Sous la pluie et dans le vent, les enfants ne profitent pas de l'extérieur, et vos nerfs le sentiront vite.
Choisissez aussi votre allure. Le près stresse souvent l'équipage : le bateau gîte et les vagues tapent contre la coque. Gardez-le pour plus tard, quand tout le monde sera amariné. Pour une première sortie, visez les allures portantes et le soleil.
Si vous partez plusieurs jours, commencez par des étapes courtes, quatre heures au maximum, suivies de longues escales. Les enfants ont besoin de se dépenser à terre entre deux bords. Pour les trajets plus longs, la navigation de nuit est souvent la meilleure option : les enfants dorment, et vous avancez.
Côté santé et sécurité, ne partez pas sans :
En mer, le temps peut sembler long pour un enfant. Emportez des jeux compacts, qui tiennent dans une poche et se jouent sur un coin de table à cartes : le Uno, le Skyjo, et Les Milles Nautiques, un jeu de cartes sur le thème de la mer qui a l'avantage d'apprendre quelque chose en passant le temps. Les jeux oraux marchent très bien aussi, comme le Quart de Singe, Dis m'en Six ou le Petit Bac. Ils ne prennent aucune place et amusent toute la famille.
Notre librairie jeunesse complète utilement la panoplie, avec des cahiers de jeux, des coloriages et des livres éducatifs sur le thème de la mer. Ils occupent aussi bien pendant la navigation que sur la route du port ou dans la salle d'attente d'une escale. Et n'oubliez surtout pas le sac de gourmandises : ce petit grab bag sucré fait tenir les longs bords, les enfants comme les adultes.
Deux livres font gagner beaucoup de temps quand on se lance. Enfants à bord, bien naviguer en famille est entièrement consacré au sujet et répond aux questions très concrètes que tout parent se pose avant la première croisière. En famille sur l'Atlantique ouvre une autre perspective, celle du grand voyage en famille, utile pour se projeter et mesurer ce qui est réellement faisable avec des enfants à bord.
BON À SAVOIR
La sécurité commence dans la voiture, pas sur le bateau. Faites enfiler les gilets dès l'arrivée sur le parking du port. Le ponton est vécu comme un terrain de jeu, alors qu'il est plein de pièges : câbles de branchement, tuyaux, sacs, et beaucoup de passage en été. Un enfant équipé avant de quitter la voiture, c'est une discussion en moins et un risque en moins.
C'est la question la plus fréquente, et la réponse dépend du poids, pas de l'âge. Un gilet se choisit toujours sur la tranche de poids indiquée par le fabricant, complétée par le tour de poitrine.
Le gilet de sauvetage enfant en mousse est le bon choix, et il est indispensable pour un non-nageur. Il flotte tout seul, sans mécanisme, sans cartouche à vérifier. Nos modèles enfant 100 N assurent le retournement et couvrent de 3 à 30 kg. Ils sont conformes à la norme ISO, avec fermeture à glissière, ceinture réglable et anneau de sangle pour recevoir une longe sur les tailles jusqu'à 20 kg.
Un point réglementaire mérite d'être connu, car il simplifie beaucoup les choses. La division 240 autorise, pour un enfant de moins de 30 kg, un équipement individuel de flottabilité de 100 N, quelle que soit la distance d'un abri. Là où un adulte doit porter 150 N au-delà de 6 milles, un gilet enfant 100 N reste donc réglementaire, même en semi-hauturier.
Pour un bébé ou un enfant qui ne nage pas encore, cherchez trois choses sur le gilet. Un col de soutien, qui maintient la tête hors de l'eau même si l'enfant ne réagit pas. Une sangle de sous-cuisse, qui empêche le gilet de remonter. Et des poignées de préhension, pour le hisser à bord d'un seul geste.
Les gilets Spinlock Nemo réunissent tout cela dans un gilet mousse de 150 N avec harnais intégré et point d'attache dorsal. La taille 2 couvre les enfants de 15 à 30 kg. Les panneaux de cou souples changent beaucoup de choses sur le confort réel, donc sur l'acceptation du gilet.
Pour les modèles classiques, il vient plus tard. Un gilet gonflable à percussion ne convient qu'à un enfant qui sait nager, et à partir du poids minimum indiqué par le fabricant. Vérifiez toujours cette valeur sur la notice avant d'acheter, car elle varie d'un modèle à l'autre. Il existe toutefois des gilets gonflables conçus spécialement pour les tout-petits, à gonflage automatique : c'est le cas du Floatee présenté juste après.
Un conseil qui évite bien des paniques : faites-lui essayer le déclenchement une première fois, dans l'eau et au calme. Un gilet qui se gonfle brutalement surprend beaucoup. Mieux vaut découvrir cette sensation lors d'un essai que le jour où ça compte.
Le Floatee A100 est un gilet de sauvetage à gonflage automatique conçu pour les bébés et les jeunes enfants. Sa particularité est sa coupe « tee-shirt » : l'enfilage est simple, l'enfant conserve toute sa liberté de mouvement, et le gilet est assez léger pour être porté toute la journée sans gêne. C'est exactement ce qui règle le problème du gilet retiré dès que l'adulte a le dos tourné.
Sur la conformité, il est fabriqué en France et répond à la norme ISO 12402-4 : 2020, en catégorie de flottabilité 100 N. Il satisfait donc l'exigence de la division 240 pour un enfant de moins de 30 kg, quelle que soit la distance d'un abri. Le gonflage étant automatique, il n'y a aucune poignée à tirer, ce qui est déterminant sur un tout-petit. Pensez simplement à garder une recharge d'avance à bord.
Pour un tout-petit qui ne nage pas, le harnais avec une longe courte est la vraie sécurité. Il l'empêche d'atteindre le bord, ce qu'aucun gilet ne fait. Le harnais ne remplace pas le gilet quand les conditions l'imposent. En revanche, par temps très calme, il tient beaucoup moins chaud qu'un gilet mousse, et il est donc mieux accepté.
Prévoyez une longe de harnais adaptée à sa taille. Une longe trop longue laisse l'enfant passer par-dessus le bord, ce qui est pire que pas de longe du tout, car il se retrouve traîné le long de la coque.
Quelques principes suffisent, à condition de s'y tenir vraiment :
Une astuce d'organisation vaut tous les rappels : accrochez les gilets à la main courante de la descente. Les enfants ne peuvent pas les manquer, et ils s'équipent à l'intérieur, à l'abri.
Pensez aussi aux filets de filière. Ils empêchent un enfant de passer entre les filières, ce qui arrive plus vite qu'on ne l'imagine quand le bateau gîte. C'est peu coûteux et cela change tout sur le sentiment de sécurité, le vôtre comme le sien.
Un enfant qui s'ennuie a besoin d'un rôle, pas d'un écran. Confiez-lui des missions concrètes. Faire le point sur la carte. Repérer les bouées et annoncer la route. Lire les instruments et vous donner le cap. Il apprend et se sent utile en même temps.
Vous pouvez aussi lui apprendre à lire la mer et les nuages, pour qu'il annonce les changements de météo. L'ouvrage Météo marine donne les bases pour cela, et sert autant à vous qu'à eux. Les plus grands règlent les voiles selon l'allure. Le carnet L'Apprenti Skipper, pensé pour les 9 à 13 ans, les y aide beaucoup : il explique le fonctionnement du bateau, les manœuvres principales, le code de la mer et la météo, et propose des occupations pour participer vraiment à la vie du bord. Donnez-leur la barre : rien n'apprend mieux les sensations du bateau. Pensez simplement à les équiper, notamment de gants, car un bout qui file dans les mains laisse de mauvais souvenirs.
La pêche à la traîne est l'activité idéale en navigation : elle occupe longtemps et rapporte le dîner. Vider et cuisiner les maquereaux ensemble au mouillage prolonge le plaisir.
Enfin, laissez-leur un coin à eux. En mer, on leur dit surtout de ne pas toucher au winch et de faire attention aux écoutes. Ils ont besoin d'un endroit où s'étaler et jouer sans consignes. La pointe avant ou la cabine arrière font parfaitement l'affaire.
Cannes à pêche
DécouvrirLe mouillage est le meilleur moment de la journée en famille. Vous avez choisi l'endroit selon le vent et la marée, l'ancre tient, tout le monde se détend. C'est précisément le piège : on croit la navigation terminée, et l'attention retombe. Les enfants gardent leur gilet, et un adulte reste sur le pont avec eux.
Le vrai danger, ce n'est pas la profondeur, c'est la dérive. Le courant et le vent éloignent un enfant du bateau très vite, et il s'en aperçoit trop tard. Une astuce simple : attachez un pare-battage au bout d'un bout relié au bateau. Il flotte en aval et sert de point de rattrapage.
Si le courant est vraiment fort, faites-les se baigner avec un harnais relié au bateau par un long bout. C'est simple, sûr, et cela ne gâche pas le plaisir.
Elle en a pourtant tout l'air aux yeux des enfants. Si elle est motorisée, le coupe-circuit est obligatoire, et il doit être porté, pas rangé dans un coffre. Autant que possible, apprenez-leur plutôt la rame ou la godille. Ils s'amusent, ils se dépensent, et vous dormez mieux.
Attention toutefois au vent de terre. Il éloigne l'annexe très vite en cas de panne ou de fatigue, et le retour se fait alors contre le vent. Si vous devez laisser le hors-bord en place, vérifiez son état et le niveau d'essence avant que les jeunes mousses ne s'en emparent.
Côté activités, le mouillage ne manque pas de ressources : pêche, masque et tuba, apprentissage des nœuds marins, lecture des étoiles après le dîner, cuisine de la pêche du jour.
Même consigne qu'au mouillage : ne relâchez pas la surveillance une fois la manœuvre terminée. Les enfants gardent leur gilet sur le ponton. Ces pontons sont vus comme des terrains de jeu, alors qu'ils sont très fréquentés en été et semés d'obstacles : câbles électriques, tuyaux d'eau, sacs posés au sol. Gardez toujours un œil sur eux.
Côté activités, l'escale est le bon moment pour apprendre les nœuds. Fixer les pare-battages, préparer les amarres avant l'arrivée : ils auront le sentiment de participer vraiment à la manœuvre, et c'est le cas.
LES CONSEILS DE LA FAMILLE TINSEAU, EN VOYAGE AUTOUR DE L'ESPAGNE
Côté sécurité : surveillez qu'ils n'aient ni trop chaud ni trop froid. Apprenez-leur à déclencher l'alerte de détresse sur la VHF et à appuyer sur le bouton MOB du GPS, au cas où. Et fermez les portes la nuit au mouillage, pour éviter qu'un petit ne monte sur le pont pendant que les parents dorment.
Côté confort : quand le bateau gîte, les enfants mangent accroupis dans le cockpit près de la descente. Ils adorent, cela leur fait une cabane. Une nappe antidérapante évite les assiettes renversées. Et de grands coussins, en plus des oreillers, amortissent le roulis et donnent envie de s'y blottir.
Choisissez un gilet de sauvetage enfant en mousse 100 N, sur la tranche de poids et le tour de poitrine, jamais sur l'âge. Nos modèles enfant couvrent de 3 à 30 kg et assurent le retournement. Pour un bébé ou un non-nageur, cherchez un col de soutien, une sangle de sous-cuisse et des poignées de préhension.
Oui. La division 240 autorise un équipement de 100 N pour un enfant de moins de 30 kg, quelle que soit la distance d'un abri. Les adultes, eux, doivent porter 150 N à partir de 6 milles.
Le gilet de sauvetage enfant en mousse, sans hésiter, pour les plus jeunes et pour tout non-nageur. Il flotte sans mécanisme. Le gonflable ne se justifie que plus tard, pour un enfant qui nage et qui atteint le poids minimum du modèle. Faites-lui essayer le déclenchement au calme avant de compter dessus.
Visez quatre heures maximum au début, avec de longues escales pour qu'ils se dépensent à terre. Au-delà, la navigation de nuit fonctionne souvent mieux : ils dorment pendant que le bateau avance.
Donnez-leur un rôle plutôt qu'une distraction. Faire le point, repérer les bouées, tenir la barre, régler une voile, pêcher à la traîne. Gardez les jeux compacts et les jeux oraux pour les moments de calme, et laissez-leur un coin du bateau où jouer sans consignes.
Oui, et c'est là qu'on l'oublie le plus. Le ponton et le mouillage sont les moments où l'attention retombe, alors que les chutes à l'eau y sont fréquentes. La règle la plus simple à tenir dans le temps : le gilet se met en quittant la voiture et s'enlève en y remontant.
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Naviguer avec des enfants tient finalement à peu de choses. Un équipement à leur taille, des règles simples toujours appliquées, des étapes courtes, et un vrai rôle à bord. Le reste viendra tout seul : à force de tenir la barre et de ramener des maquereaux, ils vous demanderont eux-mêmes quand on repart.