Avant de prendre la mer, la préparation de la navigation est une étape essentielle. Le matériel de sécurité est indispensable, mais les cartes marines et les ouvrages nautiques jouent un rôle tout aussi important : ce sont eux qui vous permettent de préparer votre itinéraire, d'identifier les dangers et de réagir correctement en mer.
Quels documents faut-il réellement avoir à bord ? La carte papier est-elle encore obligatoire ? Quels ouvrages choisir selon son programme de navigation ? Voici tout ce qu'il faut savoir pour partir avec les bons documents.
Oui. La division 240, qui fixe l'armement de sécurité des navires de plaisance, prévoit l'emport de cartes marines ou d'extraits officiels, élaborés à partir des informations d'un service hydrographique national. Ces cartes doivent couvrir les zones de navigation fréquentées et être tenues à jour.
Bonne nouvelle pour les plaisanciers : elles peuvent être disponibles sur support papier ou sur support électronique, à condition de disposer de l'appareil permettant leur lecture. Il n'est donc plus obligatoire d'emporter une carte papier si vous avez une solution électronique conforme et adaptée à votre navigation.
La division 240 raisonne par distance d'un abri. Plus vous vous éloignez, plus la liste des documents à bord s'allonge, et les dotations se cumulent : le côtier reprend le basique, le semi-hauturier reprend le côtier, et ainsi de suite.
| Zone | Distance d'un abri | Documents et instruments exigés |
|---|---|---|
| Basique | Moins de 2 milles | Un moyen de connaître les heures et coefficients de marée du jour et de la zone. Non requis en Méditerranée. |
| Côtier | 2 à 6 milles | Le basique, plus : cartes marines officielles à jour, RIPAM ou son résumé, document décrivant le balisage de la zone, compas magnétique de route. |
| Semi-hauturier | 6 à 60 milles | Le côtier, plus : matériel permettant de faire le point, de tracer et de suivre une route, livre des feux à jour, journal de bord, dispositif de réception des prévisions météo marines. |
| Hauturier | 60 milles et plus | Mêmes documents que le semi-hauturier. Les ajouts hauturiers portent sur le matériel de sécurité, pas sur les documents. |
Bon à savoir : la réglementation admet que ces informations soient rassemblées dans un ou plusieurs ouvrages, ou sur un support électronique, à condition qu'elles restent consultables à tout moment.
Les cartes électroniques sont devenues incontournables à bord. Associées à un GPS, un traceur ou une application de navigation, elles permettent de suivre sa position en direct et de préparer un itinéraire en quelques minutes.
La carte papier garde pourtant tout son intérêt, comme solution de secours. Une panne électrique, une batterie déchargée, un GPS qui décroche ou une défaillance de l'électronique de bord peuvent très vite compliquer une navigation. Il est donc judicieux de doubler vos cartes électroniques par une carte papier, en particulier pour les atterrissages et les entrées de port, là où le niveau de détail compte le plus.
| Critère | Carte papier | Carte électronique |
|---|---|---|
| Statut réglementaire | Acceptée | Acceptée, avec son appareil de lecture |
| Autonomie | Totale, aucune énergie nécessaire | Dépend de la batterie et du réseau de bord |
| Position en direct | Non, report manuel à la règle Cras | Oui, via le GPS ou le traceur |
| Mise à jour | Corrections à reporter, ou rachat de la carte | Téléchargement, souvent par abonnement |
| Vision d'ensemble | Excellente, toute la zone d'un seul coup d'œil | Limitée par la taille de l'écran |
| Conditions de mer | Sensible à l'eau, sauf modèles plastifiés | Écran difficile à lire au soleil ou mouillé |
| En cas de panne | Reste utilisable, c'est la solution de secours | Plus rien, sauf second appareil chargé |
NOTRE CONSEIL
Même si la carte électronique est votre outil principal, prévoyez toujours une solution de navigation de secours adaptée à votre zone. La question n'est pas de choisir entre le papier et l'électronique : les deux se complètent, et c'est cette redondance qui fait la fiabilité.
Toutes les cartes ne répondent pas aux mêmes besoins. Le choix dépend de votre zone de navigation et de votre programme. Une carte suffisamment détaillée doit vous permettre de :
Pour préparer votre navigation, retrouvez notre sélection de cartes et produits de cartographie, des cartes officielles aux instruments de report.
Plusieurs éditeurs se partagent la cartographie de plaisance, et ils ne répondent pas tout à fait aux mêmes usages. Les cartes et ouvrages du Shom constituent la cartographie officielle française : c'est la référence sur nos côtes, et celle à laquelle renvoient les corrections. Les cartes Navicarte sont pensées pour la plaisance côtière, avec des formats maniables à la table à cartes. Les cartes Imray couvrent largement l'Europe et au-delà : elles rendent service dès que vous sortez des eaux françaises. Enfin, les cartes NV Charts associent la version papier à un accès à l'application sur tablette ou smartphone, ce qui en fait une bonne passerelle entre les deux mondes.
Si vous naviguez sur le papier, pensez aux instruments qui vont avec. Sans règle Cras et compas à pointes sèches, une carte marine ne sert qu'à regarder le paysage : ce sont eux qui permettent de reporter un cap, de tracer une route et de mesurer une distance. Ce n'est d'ailleurs pas qu'une question de confort : à partir de 6 milles d'un abri, le matériel permettant de faire le point, de tracer et de suivre une route fait partie des exigences de la division 240.
Une carte marine n'est fiable que si elle est à jour. Le balisage, les installations portuaires, les zones réglementées et certains dangers évoluent. Avant de prendre la mer, vérifiez donc les dernières informations disponibles pour votre zone de navigation.
Pour cela, consultez les dernières corrections publiées par le service hydrographique, le Shom pour les eaux françaises, ainsi que les mises à jour de votre éditeur de cartes. La démarche vaut pour l'électronique comme pour le papier : une cartographie embarquée qui n'a pas été actualisée depuis trois saisons ne vous protège pas davantage qu'une vieille carte pliée au fond d'un coffre.
Une carte à bord n'est réellement utile que si elle correspond à la zone parcourue et aux informations nautiques en vigueur.
Les cartes ne sont pas les seuls documents utiles. La réglementation prévoit également différents documents nautiques selon la navigation pratiquée. Certains peuvent être regroupés dans un ou plusieurs ouvrages, ou être disponibles sur support électronique. Parmi les informations que le plaisancier peut être amené à consulter :
Retrouvez les différents documents disponibles chez USHIP dans notre sélection d'ouvrages réglementaires.
Le Règlement international pour prévenir les abordages en mer, plus souvent appelé RIPAM, définit les règles qui évitent les collisions entre navires. Il précise les règles de barre et de route, ainsi que les signaux, feux et marques qui permettent d'identifier un navire et sa situation.
Le RIPAM, ou un résumé textuel et graphique, fait partie des documents prévus par la réglementation. Il peut être emporté sous forme d'ouvrage, de plaquette ou sur support électronique. Pour avoir les règles principales accessibles en un geste depuis le cockpit, les codes et mémos de navigation sont particulièrement pratiques.
De nuit comme de jour, savoir interpréter les feux et les marques d'un navire permet de comprendre sa situation et d'adopter le bon comportement. Un chalutier en action de pêche, un navire à capacité de manœuvre restreinte ou un bâtiment au mouillage ne s'évitent pas de la même façon.
Le mémo Les Feux et Marques des Bateaux est consacré aux marques de jour et aux feux des navires. Waterproof, il se consulte à la table à cartes comme dans le cockpit, sans crainte des embruns.
Une version plus compacte peut aussi être installée à demeure : la planche adhésive Feux et Marques des Navires, au format A4, se colle près de la descente ou au-dessus de la table à cartes. L'information reste sous les yeux, ce qui est bien plus efficace qu'un ouvrage rangé dans un coffre.
Attention à ne pas confondre les feux des navires et les feux de la côte. Le livre des feux recense les phares, feux et signaux de brume d'une façade maritime, avec leurs caractéristiques : période, portée, couleur, secteurs. C'est ce qui permet d'identifier un feu de nuit, donc de confirmer une position en approche de côte.
Dès que vous naviguez au-delà de 6 milles d'un abri, la réglementation en prévoit l'emport, tenu à jour, sur papier ou sur support électronique. Retrouvez-le dans les ouvrages du Shom.
Le balisage maritime permet d'identifier les chenaux, les dangers, les limites et les différentes zones de navigation. Avant de partir, il est donc important de connaître le système utilisé dans la zone fréquentée, d'autant qu'il n'est pas le même partout dans le monde.
La réglementation prévoit d'ailleurs l'emport d'un document décrivant le système de balisage de la zone fréquentée, qui peut lui aussi prendre la forme d'une plaquette ou d'un support électronique. Pour garder ces informations accessibles, USHIP propose des supports dédiés au balisage dans sa sélection de codes marins et mémos.
C'est l'exigence documentaire la plus large : dès l'armement basique, donc quelle que soit la distance parcourue, il faut disposer d'un moyen de connaître les heures et les coefficients de marée du jour, pour la zone considérée. Seule la Méditerranée en est dispensée.
En Bretagne, en Manche ou sur la façade Atlantique, la marée est de toute façon une donnée de base de toute préparation de sortie. Elle conditionne l'heure de départ, le franchissement d'un seuil, la tenue d'un mouillage et parfois la simple possibilité de rentrer au port.
BON À SAVOIR
Les courants de marée ne se lisent pas sur un annuaire des hauteurs d'eau. Sur les zones à fort courant, comme le raz de Sein ou le Fromveur, c'est l'heure de passage qui compte autant que la hauteur d'eau. Prévoyez donc les deux informations, et pas seulement les horaires de pleine mer.
Si vous préférez avoir toutes vos informations réglementaires et nautiques dans un seul support, Plaisance et Réglementation 2026 est particulièrement adapté à la navigation côtière en France, jusqu'à 6 milles d'un abri.
L'ouvrage rassemble des informations sur les ports, les feux et marques, les signaux sonores et portuaires, les signaux de détresse, les marées, l'armement de sécurité, ainsi que la cartographie officielle Shom. C'est la solution la plus simple pour couvrir l'essentiel sans multiplier les documents à bord.
Dans le même esprit, l'almanach côtier est le compagnon annuel de la navigation côtière. On y retrouve les horaires et coefficients de marée, les informations portuaires et les données nautiques utiles au quotidien. Beaucoup de plaisanciers l'utilisent en complément d'un ouvrage réglementaire : l'un pour les règles, l'autre pour la marée et les ports.
Un point à ne pas perdre de vue : ces deux ouvrages sont des éditions annuelles. Les horaires de marée changent chaque année, et les informations portuaires évoluent. Un almanach de la saison précédente n'a donc plus de valeur pour préparer une sortie, même s'il reste utile pour réviser les signaux ou le balisage.
Avant de partir, prenez quelques minutes pour vérifier que vos documents correspondent bien à votre navigation :
Non, pas nécessairement. Ce qui est exigé, c'est l'emport de cartes marines ou d'extraits officiels couvrant votre zone et tenus à jour. Ils peuvent être sur support papier ou sur support électronique, à condition d'avoir l'appareil qui permet de les lire. La carte papier reste toutefois la meilleure solution de secours en cas de panne.
Dès la zone côtière, soit à partir de 2 milles d'un abri. En dessous de 2 milles, en armement basique, seule la marée du jour est exigée hors Méditerranée. Les cartes restent bien sûr utiles, même à courte distance.
Une solution électronique conforme et adaptée à votre navigation peut suffire au regard des textes, mais elle vous laisse dépendant d'une batterie et d'un appareil. Prévoyez au minimum une alimentation de secours, et idéalement une carte papier pour les atterrissages et les entrées de port.
Consultez les corrections publiées par le service hydrographique, le Shom pour les eaux françaises, ainsi que les mises à jour proposées par votre éditeur de cartes. Faites-le avant chaque saison, et à nouveau avant une navigation dans une zone que vous ne fréquentez pas d'habitude.
Selon la navigation pratiquée : le RIPAM ou son résumé, un document sur le balisage de la zone, les feux et marques des navires, et les informations de marée hors Méditerranée. Au-delà de 6 milles d'un abri s'ajoutent le livre des feux, le journal de bord et un moyen de recevoir la météo marine. Un ouvrage unique comme Plaisance et Réglementation peut regrouper l'essentiel pour du côtier, souvent complété par un almanach côtier de l'année pour les marées et les ports.
À partir de 6 milles d'un abri, la réglementation exige le matériel permettant de faire le point, de tracer et de suivre une route. Une règle Cras, un compas à pointes sèches et un crayon répondent à cette exigence. En navigation côtière, ce matériel n'est pas imposé, mais il reste la base du travail sur carte papier.
Non, cette exigence ne s'applique pas en Méditerranée. Elle concerne les zones à marée, donc la Manche, l'Atlantique et les outre-mer concernés.
L'électronique facilite énormément la navigation, mais elle ne remplace pas les documents nautiques. Cartes marines, réglementation, RIPAM, balisage, feux et marques, marées : ces informations vous permettent de préparer votre itinéraire et de réagir correctement aux situations rencontrées en mer.
Et surtout, il n'y a pas à choisir entre le papier et l'électronique. Les deux sont complémentaires : l'un fait la navigation du quotidien, l'autre assure la sécurité le jour où le premier tombe en panne. Pour préparer votre prochaine sortie, parcourez notre librairie nautique, entre cartographie, ouvrages réglementaires et codes marins et mémos.
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